jeudi 27 septembre 2012

la médicalisation comme seule option?



Hello à toutes,

Aujourd'hui je trouvais important de parler de la naissance et plus précisément de l'accouchement en lui même. Comprendre pourquoi certains médecins sont sceptiques face à l'AAD et à certaines méthodes, pourquoi certaines femmes désirent accoucher naturellement chez elles ou en maison de naissance loin du milieu hospitalier qui les déçoivent du fait qu'elles ne se sentent pas libres de vivre pleinement leur accouchement..... J'ai trouvé une brochure complète et très bien expliquée, j'ai donc copié certains passages qui me semblaient essentiels sur le sujet.

Dans nos sociétés occidentales, environ 90% des accouchements se déroulent dans un service de soins médicaux. L’hôpital a tendance à s’imposer d’emblée comme lieu de naissance. Ainsi, « l’accouchement est la première cause d’hospitalisation des femmes en âge de procréer. »
Mais, même en Occident où les services médicaux sont assez facilement accessibles, les femmes ne souhaitent pas toujours donner la vie au sein d’une structure hospitalière… On remarque d’ailleurs qu’en Europe, les modalités de naissance peuvent fortement varier.  Par exemple, en Belgique environ 96% des accouchements ont lieu à l’hôpital  tandis qu’aux Pays-Bas seuls 67% d’entre eux s’y déroulent contre 33% à domicile. Il en va de même pour les maisons de naissance : si ce type de pratique reste marginal dans certains pays, d’autres encouragent cette initiative et tentent de la rendre davantage accessible. 

Ce qui est merveilleux en Belgique, c’est la possibilité de choix. Par rapport à la naissance, les femmes ont un vrai choix, ce qui n’existe pas de la même manière ailleurs. Par exemple, il n’existe pas de maisons de naissance en France. Au Québec, accoucher chez soi n’est possible que depuis peu et les maisons de naissance des villes sont débordées. Ici, tout contribue à offrir un vrai choix aux femmes : la législation, les lieux variés, des professionnels bien formés et assurés, les remboursements de la mutuelle...(Caroline Lévesque, présidente de l’asbl Alternatives)Une maison de naissance est un petit établissement (maison ou partie de maison) tenu par des sages femmes, ne faisant pas partie d’un hôpital mais s’en trouvant proche géographiquement, où les femmes en bonne santé et dont la grossesse se déroule normalement peuvent être suivies médicalement, accoucher et trouver de multiples services reliés à leur maternité.
Avec l’arrivée des médecins accoucheurs et le déplacement du lieu de naissance, les modalités d’accouchement ont été profondément modifiées : adoption de la position couchée sur le dos (permettant au professionnel un accès plus facile), isolement de la femme (seul le mari est désormais autorisé à l’accompagner), pratique courante voire systématique d’actes médicaux (péridurale, épisiotomie, utilisation de forceps, ventouses…), etc. Tout cela semble avoir rendu la femme de plus en plus passive dans son accouchement, alors qu’il s’agit d’un moment de grande importance dans la vie humaine.  Bien sûr, les souffrances physiques peuvent être considérablement atténuées, mais certaines femmes se disent aussi dépossédées de leur propre corps et de leur capacité à agir pour la naissance de leur enfant. Trop souvent, la femme « se fait accoucher » par le gynécologue… peut-être sans avoir vraiment songé à ce qu’elle désire réellement.Par ailleurs, quelle est la place réservée à l’accueil de l’enfant ? Un accouchement au sein d’une structure médicale ne se déroule pas de la même manière qu’un accouchement à domicile ou dans une maison de naissance.  La façon dont le bébé est considéré et traité dès sa naissance n’est pas identique. Le laissera-t-on naître à son rythme ? Quels examens médicaux seront immédiatement réalisés ? Combien de temps le laissera-t-on sur sa mère ? C’est pour toutes ces raisons que certains s’interrogent sur la nécessité que des accouchements « normaux » (c’est-à-dire de femmes en bonne santé et ne présentant pas de risques spécifiques de complications) se déroulent de façon systématique dans une structure médicale.
Cette médicalisation est-elle alors toujours synonyme d’un meilleur déroulement de la naissance?Alors qu’il est justifié de médicaliser des naissances à risques ou lorsqu’un problème apparaît en cours de grossesse ou pendant le travail, il n’est peut-être pas nécessaire de le faire automatiquement.  Se pose donc la question de l’échelonnement des soins.  La plupart des naissances à bas risques peuvent en effet bénéficier de soins de santé primaires. Ce premier niveau est «  la porte d’entrée dans le système de soins, qui offre des soins généralistes, globaux, continus, intégrés, accessibles à toute la population, et qui coordonne et intègre des services nécessaires à d’autres niveaux de soins. » Par exemple, les accouchements en maison de naissance ou les accouchements à domicile dans des conditions sécurisées, c’est-à-dire encadrés par une ou deux sages femmes ayant préalablement évalué les risques et vérifié les conditions de sécurité de l’habitation (telles que la possibilité d’évacuation par les secouristes en cas de problème).

Mais la sécurité est-elle vraiment la seule raison de cette tendance à la médicalisation ? On peut en effet se demander si la médicalisation systématique des accouchements n’est pas aussi une question pratique, tant pour le personnel hospitalier que pour les futurs parents. La gestion de la naissance par des moyens médicaux semble permettre aux maternités, souvent surchargées et en sous-effectif, une plus grande efficacité : possibilité de déclencher le travail (pour éviter un accouchement en pleine nuit ou le week-end, quand le personnel est en nombre réduit), monitoring fœtal continu (écoute continue du battement du cœur du bébé permettant de surveiller la situation à distance sur ordinateur mais de façon impersonnelle), péridurale (rendant la douleur supportable et permettant ainsi à la mère de rester « calme »), possibilité de renforcer des contractions par l’injection d’une hormone de synthèse – l’ocytocine – (pour accélérer le travail), etc.

"Comme il y a beaucoup de travail, on ne sait pas s’occuper en même temps de trois mamans qui sont sans péridurale. On ne peut pas rester à leurs côtés et les accompagner en continu comme on le voudrait. On leur propose donc bien souvent la péridurale. C’est aussi une question de personnel, on n’est pas assez pour le travail qu’il y a à faire.[...] J’ai vu dans un hôpital un médecin décider de mettre une ventouse alors que tout allait bien, parce qu’il avait une consultation un quart d’heure plus tard.  La patience est rare à l’hôpital, pour se sentir utile on a besoin d’agir" ,  explique Laurence, sage-femme en milieu hospitalier.

Bien sûr, le corps médical n’est pas seul responsable de cette évolution.  Les futurs parents viennent, eux aussi, renforcer le système.  Par souci de sécurité, ils cherchent souvent pour l’accouchement une maternité « à la pointe » de la technologie et des avancées scientifiques, ce qui conduit souvent à une médicalisation plus importante … et ce, même si la naissance s’annonce tout à fait normale et sans complications.


De plus, accoucher en maternité offre aux parents des facilités d’organisation : être pris en charge pour l’accouchement et pendant les jours qui suivent, pouvoir se reposer, ne pas devoir assurer les tâches quotidiennes. Une hospitalisation peut alors s’avérer bénéfique et être un soulagement pour la maman qui peut « souffler » quelques jours. C’est par exemple le cas pour des familles nombreuses, pour des familles isolées ou en situation difficile ou encore lorsque le logement est trop exigu pour une naissance à domicile.
En plus des raisons de sécurité et d’organisation pratique,  l’aspect financier d’un accouchement semble aussi pouvoir en influencer le déroulement. Ainsi, selon les hôpitaux, une naissance représente parfois un budget non négligeable, malgré les remboursements pris en charge par la mutualité : parfois plus de 1.500€ pour un séjour d’environ cinq jours en chambre individuelle (300 à 500€ en chambre commune). A ce forfait de base, s’ajoutent les actes médicaux « imprévus » et les honoraires des médecins.


Par contre, les accouchements à domicile ou en maison de naissance et pris en charge par des sages-femmes conventionnées ne coûtent quasiment rien, les frais étant presque intégralement remboursés. Il n’y a pas ou peu de séjour au sein d’une structure médicale, pas d’actes techniques tels que péridurale ou césarienne qui s’avèrent coûteux, et les prestations des sages-femmes conventionnées sont totalement prises en charge par l’INAMI (Institut National d’Assurance Maladie-Invalidité). Certaines mutuelles encouragent d’ailleurs les femmes optant pour un accouchement extrahospitalier (car moins coûteux pour la sécurité sociale et donc aussi pour l’ensemble de la société) en leur offrant une prime financière. Pourtant, ces pratiques sont encore peu connues. Souvent, c’est quand les femmes ont déjà vécu un accouchement en milieu hospitalier qu’elles ne veulent plus que ça se passe à l’hôpital. C’est là qu’elles se tournent vers les maisons de naissance.  D’ailleurs, en maison de naissance il y a moins de femmes qui viennent pour accoucher de leur premier bébé. 

Des associations se sont ainsi créées pour informer et aiguiller les futurs parents dans leurs choix, tant pour la préparation à la naissance que pour l’accouchement lui-même et le suivi post-natal. Certaines traitent de sujets spécifiques : l’union professionnelle des sages-femmes, les associations de soutien à l’allaitement, les maisons de naissance, etc. 

Pour ne faire que les citer, on trouve parmi les alternatives à l’accouchement « classique » :

  •  l’accouchement en maison de naissance,
  •  à domicile, dans l’eau,
  •  l’accouchement à la maternité avec une sage-femme libérale (ayant accès au plateau technique),
  •  en polyclinique (retour à la maison le jour même ou le lendemain),
  •  l’accompagnement par une doula, une femme qui accompagne et soutien (émotionnellement et physiquement)
  •  une autre femme et son entourage pendant la grossesse...

De nombreuses formules existent donc et diffèrent les unes des autres par divers aspects tels que leur degré de médicalisation, l’endroit où se déroule la naissance, les personnes qui accompagnent la future maman, le temps passé au sein de la structure où se déroule la naissance, …  Toutes ces formules ne sont pas toujours possibles. Cela dépend de l’état de santé de la maman (hypertension, diabète de grossesse,accouchement après une césarienne, etc) et du déroulement de la grossesse (jumeaux, enfant se présentant en siège, etc). En cas d’éventuelles complications, aucun risque n’est pris et la femme est redirigée vers une structure médicalisée et appropriée.


Chaque naissance est unique, c’est donc en se renseignant et en osant poser des questions que les parents peuvent trouver le projet de naissance qui leur convienne et qui soit adapté à leur situation… c’est aussi à chacun qu’il revient de se questionner sur ses attentes concernant le déroulement d’une naissance. N’a-t-on pas parfois tendance à s’en remettre totalement aux mains de la médecine et ainsi se laisser déposséder de son corps ?    En effet,  la médicalisation ne doit pas prendre toute la place dans l’évènement que représente une naissance,  et ce, au détriment d’autres aspects riches de sens pour l’individu comme pour la famille. La naissance est au centre de l’évènement familial et sociétal, de ce fait, il est nécessaire de redonner les compétences et le savoir-faire aux parents.






pour télécharger la brochure complète: http://www.questionsante.be/outils/naissance.pdf


M.A.M.A.N





1 commentaire:

  1. Bonjour,
    Vous dites dans l'article, qu' accoucher à la maison avec une sage-femme conventionnée est totalement remboursé. Je rêverais d'accoucher chez moi, mais d'après les renseignements que j'ai trouvés, toutes font de gros dépassements d'honoraires (300 à 1000€) parce qu'elles travaillent sans assurance. Cela exclut, pour moi, la possibilité d'un AAD. Connaissez-vous des sages-femmes qui pratiquent l'AAD sans dépassement d'honoraires?
    Merci d'avance

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