dimanche 6 octobre 2013

Accouchement par voie basse, Césarienne et Allaitement expliqués en vidéos

Je partage avec vous ces trois vidéos  sur le déroulement de l'accouchement, la césarienne et l'allaitement. Comme remarqué lors de précédents partages , ces vidéos ne sont pas "parfaites" mais je trouvais intéressant de les partager...


1 / Déroulement de l'accouchement 


2/ Explications et cas de césarienne




3/ Informations sur le processus de lactation 





samedi 5 janvier 2013

accueillir un enfant apres un deuil

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Perdre un enfant, c’est une épreuve qui paraît insurmontable. Pourtant, au terme d’une période de deuil nécessaire, les parents éprouvent souvent le besoin d’accueillir un nouveau bébé . La grossesse qui s’annonce sera alors teintée d’inquiétude, de tristesse mais aussi d’espoir. 
Il y a aussi ces femmes enceintes qui apprennent le décès d'un proche pendant leur grossesse (parent, meilleure amie) et qui ont du mal à combiner tristesse (de l'être perdu) et bonheur ( de l'être à arriver).... Comment ces parents arrivent ils à cheminer vers un nouveau désir d'enfant  et à prendre la perte de l'être perdu comme une force, un message  ?

Pour cet article, j'ai choisi de partager des messages de mamans ayant vécu ces souffrances, que j'ai trouvé sur plusieurs forums. Les mots parlent d'eux mêmes, et n'ayant pas connu cette douleur, je ne pouvais pas mieux en parler qu'elles.



►Témoignages forum les maternelles:

- J’ai accompagné mon grand-père qui souffrait d'un cancer pendant des mois. Nous étions très proches et ce qu'il attendait par dessus tout c'était l'arrivée de mon enfant. Ma fille est née et 2 jours après mon grand-père s'est éteint ..Alors que ces derniers jours n'étaient que souffrance il a attendu l'arrivée de son arrière petite fille avant de s'éteindre. A la joie d'accueillir mon enfant s'est mêlé la douleur de perdre mon pilier. Cela fait presque 3 mois aujourd'hui et la douleur est toujours là...Heureusement mon rayon de soleil me prouve chaque jour que la vie est belle. Je sais que quelque part mon grand-père veille sur nous...c'est notre bonne étoile. Jo

- Au mois de janvier mon fils de trois mois est décédé  en avril ma grand-mère est également partie et je suis enceinte de 6 mois. Je comprends tes peurs, il ne faut pas t’inquiéter le temps ferra son affaire. Etre triste est humain et ton enfant le comprend. Avec mon mari, nous avons mis sur une étagère une photo de notre petit bout et une bougie, quand ça va pas on allume la bougie et on se sens tout de suite mieux et on peut reprendre nos activités  Le fait d'allumer cette bougie nous permet de ne pas ruminer des pensées tristes. On a le sentiment d'avoir fait quelque chose pour notre petit bout et ça aide a reprendre pied. Bon courage


- Bonjour,
Mon papa est décédé le 25 janvier 2007 (jour de son anniversaire en plus) et j'ai appris que j'étais enceinte 2 semaines après. Le fait d'apprendre ma grossesse m'a beaucoup aidé. Le fait qu'il y ait un décès et ensuite une naissance, c'était pour moi comme un signe de mon père ! ça peut paraître bizarre, Je pense que c'est psychologique. Bon courage... Sabrina

- J'ai aussi perdu mon papa, il y a bientôt 4 ans, alors que j'étais enceinte de 22 semaines...il est décédé le jour ou on a appris que nous attendions un 2ème garçon...il ne l'aura jamais su... 
J'en garde toujours un grand regret, mais malheureusement, je ne peux rien y changer, je partage quand même pleins de choses avec mes crapules a propos de mon papa, ce papy qu'il ne connaîtront jamais que par moi, et je leur en parle de temps en temps. et pour boucler la boucle, mon petit 3ème a pour troisième prénom celui de son papy, en souvenir  bon courage, et pleins de bonnes choses a vous 

►Forum famili: 

- Je fais parti de ces parents qui ont eu la douleur de perdre un enfant. Le 1er avril 2006 ma fille Amandine est décédée d'une méningite. Elle avait 11 mois. Tous les sentiments de douleur et de chagrin associé à ce décès sont déjà beaucoup abordés sur ce forum. Les miens ne sont pas différents des autres. Par contre, je recherche des témoignages de parents ayant vécu comme moi la perte d'un enfant de quelques mois et ayant eu un autre enfant par la suite. Je suis actuellement enceinte d'un nouveau bébé et beaucoup de peurs se bousculent dans ma tête. Pas des peurs liés à la grossesse ou à l'accouchement mais plutôt des peurs quand cet enfant sera près de moi. Comment vais-je pouvoir aimer et m'attacher à cet enfant sachant qu'à tout moment il peut partir...? Comment je vais pouvoir surmonter les fièvres inévitables d'un bébé sans paniquer ? Ne vais-je pas comparer cet enfant à Amandine ? Vais-je réussir à laisser "vivre" cet enfant sans lui transmettre mes peurs et en faire un être complètement terrorisé par la vie ? Mes questions peuvent paraître idiotes mais je ne trouve nul par des témoignages de parents parlant de ces sujets. Je remercie par avance les personnes qui m'aideront à accueillir ce bébé avec beaucoup plus de sérénité et je m'excuse auprès des personnes qui me liront du peu de détails que je donne sur Amandine car pour le moment, je ne suis pas prête à en donner plus.

►Forum au féminin:

- Je suis l'enfant arrivée après le décès de mon aîné ....bonjour, mon témoignage peut vous aider peut-être. Très différente de toute ma fratrie, je me suis toujours demandé pourquoi. J'ai aujourd'hui plus de 60 ans et je viens seulement de comprendre. Mes parents ont perdu un bébé de 2 mois, accidentellement, alors qu'ils s'étaient absentés et qu'il était sous la garde d'une tante. Ma mère s'est trouvée à nouveau enceinte ... 3 semaines seulement après ce décès ! Je connaissais cet évènement tragique, mais mes parents ne m'en ont jamais parlé ! Sans pouvoir en connaître la cause, toute mon enfance a été remplie de cauchemars terribles de néant et ce n'est que très récemment que j'ai pu décoder cela. Une de mes soeurs ainées m'a appris que maman avait énormément maigri et pleurait beaucoup pendant des mois alors qu'elle me portait. Cette culpabilité, cette douleur, je les porte en moi mais en même temps ces circonstances m'ont insufflé une énergie et une foi en la vie vraiment extraordinaires. Tout cela pour vous dire à toutes, vous futures mères, que porter et donner naissance à un bébé après un tel drame est magnifique ! Que le chagrin est là et ne peut ni ne doit être nié, mais que dès à présent, alors qu'il est encore dans votre ventre et ensuite, après la naissance, puis plus grand, parlez à votre bébé et à l'enfant qu'il sera ensuite. Racontez lui votre histoire, son histoire, dites lui que vous l'aimez, que grâce à lui la vie est redevenue belle et souriante à nouveau, afin que surtout il ne porte jamais la culpabilité de ce qui est arrivé avant lui.

- J’ai perdu il y a maintenant 2 mois mon petit garçon agé de 13 mois après 8 mois de combat contre un leucémie  C'est notre 1er et je vous laisse imaginer cette douleur insoutenable   Et il y a 3 semaines j'appris que j'etais enceinte  ca était un coup de massue, on ne s'y attendait pas du tout et on etait pas du tout pret a revivre toutes les m**des connues auparavant (FC, GEU,grossesse à risque, et surtout la maladie). Finalement ce bebe est là, je suis à 9sa et pour le moment j'ai du mal a investir cette nouvelle grossesse, j'ai peur de tout et j'ai un mélange de sentiments tellement divers que je suis un peu paumée. Malgré tout c'est la vie et on se dit que c'est peut-etre notre petit ange qui nous l'envoi. Il ne le remplacera jamais mais il nous aide mine de rien a aller de l'avant. On est obligé de continuer à vivre pour lui car lui n'a rien demandé... Donc on s'accroche comme on peut malgré la douleur de chaque instant. 
bon courage à toutes !

- Certainement pas le seul moyen pour s'en sortir, la perte d'un enfant est terrible et même si cela devient moins pénible avec le temps, on n'oublie jamais. mais effectivement un formidable tremplin pour aller mieux. j'ai perdu mon deuxième enfant à la naissance et 18 ans après j'y pense toujours. Le stress a fait parti de ma troisième grossesse mais quel bonheur d'accueillir ce nouveau petit bout de chou. Aucun regret aujourd'hui Auriane et son frère illuminent notre vie, même si leur petit frère reste toujours dans un coin de notre coeur.


►Forum doctissimo: 

j'ai perdu mon fils en juin 2005 et j'ai très vite eu besoin de porter de nouveau la vie. C'était notre premier bébé et le vide ainsi que le calme dans l'appartement étaient une vraie torture.  Je suis assez vite retombé enceinte mais j'ai perdu ma fille à 19sa...
Bref le parcours a été très dur mais nous avons eu un petit garçon en décembre 2006 puis une petite fille en janvier 2011. Pour être honnête je ne me suis jamais sentie prête à redevenir maman, je le voulais mais j'étais terrorisée. Mon mari était bien plus convaincu que moi par ce choix et c'est lui qui m'a poussé en avant. Malgré tout il ne faut pas culpabiliser de continuer à vivre. Tu n'as pas le choix, pas vraiment du moins... Tu vas avancer à ton rythmes, selon tes envies, tes humeurs et ta blessure... Tu feras parfois marche arrière, tes convictions d'hier seront tes doutes de demain mais tout ceci est bien normal. Survivre à son enfant n'est pas une aventure simple à vivre. C'est souvent la tempête dans notre tête et notre cœur. Mais la vie d'après existe belle et bien !! On apprend à rire sans culpabiliser, à sourire, à retrouver goût à la vie dans des pertes choses insignifiantes. On apprend à apprivoiser le manque, à transformer notre peine en une force. La faille restera la, la cicatrice est éternelle et se ré-ouvre par moment. On pleure encore et on reste baigné dans cette vie fauchée... Mais ce qu'on imaginait pas pouvoir traverser on peut un jour le regarder avec du recul et se dire qu'on a réussi malgré tout. Te pose pas 1000 questions, suis ce que ton cœur te dicte de faire. Tu as su deviner qu'il fallait passer du temps avec ta puce quand elle était hospitalisée, tu as fait le bon choix. Tu en feras d'autres tout aussi bon à l'avenir.  En tout cas il n'y a aucune normalité ou mauvaise façon de réagir à ce deuil. Chacun suit son chemin et petit pas après petit pas on franchit des montagnes. 






....... De très beaux témoignages, forts touchants......
♥ ♥ ♥

Pour finir ce billet émotion voici quelques réflexions générales tirées de ce site, qui parle du retour à la maison après un deuil que je vous conseille de lire....
◊ Garder des souvenirs concrets du bébé se révèle très précieux pour vivre son deuil.
◊ Vouloir revoir son enfant après le décès n'est pas morbide.
◊ Les parents ont le droit d'être très éprouvés, déprimés, sans désir face à la vie : leur enfant est décédé.
◊ Parler de son enfant après le décès, se rémémorer tout ce qui a été vécu avec lui peut faire du bien. Cela peut être essentiel pour l'enraciner dans la mémoire.
 On n'oublie jamais l'enfant décédé, même si on retrouve goût à la vie, même si un autre enfant naît après.
A toutes ces parents courageux et combattants 
A tous ces êtres partis trop tôt
RIP




L'épisiotomie, késako?







L’épisiotomie est une incision du périnée superficielle. Elle doit  être  idéalement réalisée  au petit couronnement  lorsque  l’anus  est légèrement dilaté  (2 cm) et au moment d’un effort expulsif ou d’une contraction. Une épisiotomie trop précoce serait plus hémorragique et pourrait sectionner incomplètement le muscle puborectal qui ne serait pas encore suffisamment distendu et déporté vers l’avant et le haut.

Il existe 2 types d’épisiotomie:
  •  La première est dite médiane, elle descend à la verticale du vagin vers l’anus.
  •  La seconde est dite médico-latérale, descend en diagonale et, le plus souvent vers la droite. Cette dernière est la plus courante car elle peut être rallongée si besoin est, ce qui peut faciliter la pause des forceps.


L'épisiotomie peut être pratiquée pour différentes raisons :
  • raccourcir le temps de l'expulsion, ce qui permet d'éviter le risque de souffrance fœtale lorsque la situation du bébé est à risque (bébé prématuré, cordon ombilical enroulé autour du cou) 
  • prévenir le risque de descente d'organes (appelé prolapsus) ou d'incontinence urinaire ;
  • aider l'expulsion pour les femmes qui ont pris trop de poids, qui ont des œdèmes ou qui présentent un périnée très court (moins de 1 cm entre la vulve et l'anus).
Partant du principe qu'il est peut-être plus aisé de recoudre une coupure droite et nette qu'une déchirure irrégulière, les obstétriciens peuvent être tentés de la pratiquer un peu vite. 

Cependant, beaucoup estiment que l'épisiotomie n'est pas nécessaire et ne possèdent pas les avantages qu'on lui confère. En effet, l'épisiotomie ne permet pas de réduire ce qu'on appelle les déchirures du 3ème et 4ème degré. Aujourd'hui on pratique l'épisiotomie dans certains cas précis, lorsqu'il s'agit d'un bébé prématuré ou si la maman a des antécédents de déchirures graves.




L'épisiotomie est elle douloureuse (sur le coup) ?

  • oui si il n'y a aucune anesthésie et qu'elle n'est pas faite au bon moment (ampliation du périnée)
  • non si
    • il y a une péridurale
    • si l'obstétricien a pratiqué une anesthésie locale à la xylocaine auparavant  (dose  max  200  mg)
    • si elle est réalisée sur un périnée très amplié par la tête du bébé (couronnement)


L’analgésie  est nécessaire. Les méthodes anesthésiques disponibles sont l’anesthésie locale, l’anesthésie des nerfs honteux,  et l’anesthésie locorégionale. L’association d’un opiacé  lors  d’une  anesthésie  péridurale  augmente  les  performances  de  l’anesthésie périnéale. En cas d’utilisation d’anesthésie locale, l’injection est réalisée dans l’épaisseur du périnée au  niveau  du  futur  trajet  de  l’épisiotomie  versant  cutanée  puis  vaginale. Avant injection,  on  s’assure  de  l’absence  de  passage  vasculaire.  Des  effets  indésirables neurologiques et cardiovasculaires sont possibles, liés à un surdosage ou à un passage vasculaire de la lidocaïne.

Quels sont les effets secondaires de l'épisiotomie?

  • hémorragies
  • infections, hématomes, douleurs immédiates
  • cicatrisation longue, voire difficile
  • douleurs à distance, en particulier lors des rapports sexuels
  • sensations "bizarres"
  • aspect dysgracieux parfois

L’épisiotomie empêche-t-elle une déchirure ?

  • Pendant longtemps, on a cru qu’il valait mieux une épisiotomie qu’une déchirure du périnée. Mais les études le confirment : l’épisiotomie ne l’évite en rien. Au contraire, elle peut même être la porte ouverte à une déchirure plus importante dans le prolongement de l’incision. De plus les déchirures du périnée sans épisiotomie sont très souvent moins importantes et superficielles.

Peut-on d’avance refuser une épisiotomie ?

  • En théorie, oui. La loi du 4 mars 2002 interdit que l’on pratique un acte médical sur une personne qui n’a pas donné son consentement.
  • Avant d’en arriver là, si vous êtes réticente à l’épisiotomie, essayez de choisir, dans la mesure du possible, une maternité qui en pratique peu. Pour cela, demandez le taux d’épisiotomie pratiqué à l’année, un chiffre que chaque maternité doit pouvoir vous fournir. Il existe de grandes variations entre les régions, les hôpitaux et les différents professionnels. Les dernières recommandations cliniques pour la pratique de l’épisiotomie (2005) demandaient de tendre vers 30 % des cas au maximum.
  • Une fois que vous avez choisi votre maternité, précisez plusieurs fois au cours des consultations prénatales que vous ne souhaitez pas d’épisiotomie. Demandez également que votre réticence soit portée sur votre dossier.
  • Le jour de l’accouchement, rappelez de nouveau à l’équipe médicale votre désir de l’éviter. Mais faites-le au cours du travail, et non au moment de l’expulsion !

source

Combien de temps durent les sensations douloureuses ?


Les suites immédiates de l’épisiotomie sont souvent très sensibles pendant quelques jours. Il se peut aussi que les fils de la cicatrice « tirent » et provoquent une sensation d’inconfort. Si l’on a souvent conseillé de s’asseoir sur une bouée, on s’est aperçu que son utilisation favorisait la descente d’organe. Préférez-lui un gros coussin bien confortable.


Incontinence urinaire et périnée 

Il est nécessaire de prendre l'avis de son médecin avant de débuter une rééducation du périnée qui est en général recommandée entre 6 semaines à 2 mois après l'accouchement. 
L'accouchement par les voies naturelles est la première cause d'incontinence urinaire des femmes.  50 % des jeunes mamans présentent une incontinence d'effort survenant juste après l'accouchement.  La prise en charge de l'incontinence a considérablement évolué au cours de ces dernières années.  La rééducation du périnée peut permettre de restaurer cette anomalie urinaire chez 50 % des femmes environ.  La rééducation du périnée est automatiquement prescrite aux femmes qui sortent de la maternité, la Sécurité Sociale remboursant totalement jusqu'à 10 séances chez le kinésithérapeute ou la sage femme.
Un rapport sur l'incontinence urinaire remis en avril 2007 au ministre de la santé, montre qu'il serait idéal de rééduquer le périnée avant l'accouchement afin d'aider les femmes à prendre conscience de leur périnée avant qu'il ne soit modifié par l'accouchement ou par une épisiotomie. 

Quels sont les  facteurs de risque de voir apparaître une incontinence urinaire d'effort ?

  • L'accouchement d'un premier enfant
  • L'apparition d'une incontinence urinaire au cours du second trimestre de la grossesse
  • Un accouchement qui s'est prolongé avec une dilatation complète ayant duré 3 heures
  • Une prise de poids supérieure à 13 kilos
  • L'apparition d'une incontinence d'effort juste après l'accouchement

Quelles sont  les méthodes de rééducation du périnée après l'accouchement ?

Au cours de la visite post-natale, les gynécologues prescrivent désormais quasi systématiquement une dizaine de séances de rééducation périnéale, à effectuer  semaines à 3 mois environ après la naissance, en moyenne 2 mois environ.  La rééducation permet de retrouver un périnée indolore et tonique. La rééducation périnéale concerne toutes les mamans
  • Une incontinence peut réapparaitre lors d'une prochaine grossesse ou après la ménopause
  • Un mauvais contrôle du périnée peut perturber les rapports sexuels
  • Un prolapsus( abaissement des organes) peut apparaître


Des conséquences différentes suivant le type d'épisiotomie



- L'épisiotomie médiane est moins douloureuse, cicatrise mieux, et risque moins de causer une dyspareunie que l'épisiotomie médio-latérale. Elle cause aussi moins de pertes sanguines .... Elle est source reconnue de déchirures surajoutées du 3ème et 4ème degré, avec les effets secondaires afférents ; elle est aussi une cause avérée de troubles de la continence fécale. C'est le type d'épisiotomie le moins pratiqué en Europe.

- L'épisiotomie médio-latérale est donc plus douloureuse, cicatrise moins bien, augmente la dyspareunie et provoque des pertes sanguines plus importantes.


Les femmes ayant subi des épisiotomies médianes avaient 50 fois plus de risque de déchirure grave, et les femmes ayant subi des épisiotomies médio-latérales avaient 8 fois plus de risque de déchirure grave , que les femmes sans épisiotomie. Les forceps multipliaient le risque par 8. Bien que l'épisiotomie médio-latérale [qui se pratique en France] offrît une protection contre les déchirures sévères pour les primipares, les études ont montré qu'elles causaient d'autres problèmes, notamment une douleur accrue, une cicatrice plus visible, et plus de dyspareunies. Mieux vaut donc avoir une déchirure spontanée plutôt qu'une épisiotomie car elles n'empêchent pas de déchirure vaginale et sont la cause de douleurs périnéale.nUn des effets protecteurs supposés de l'épisiotomie est de réduire la pression sur la tête du foetus. Toutefois, pour obtenir cet effet, il aurait fallu réaliser l'épisiotomie avant que la tête n'étire le périnée. Un autre effet est de réduire la durée de la seconde phase de travail. Toutefois, il n'existe aucune corrélation fiable entre la durée de la seconde phase et le résultat néonatal.



Des risques et des inconvénients réels

Le risque de connaître des déchirures graves du périnée à la suite d'un accouchement est approximativement trois fois plus élevé pour les femmes qui ont eu une épisiotomie. Elle ne prévient pas les déchirures graves du périnée et en accroît la fréquence de manière indubitable en cas d'épisiotomie médiane . Il ne semble plus y avoir d'espoir que la statique pelvienne globale ou l'incontinence urinaire et fécale en bénéficient; pis, la force musculaire pelvienne serait amoindrie par l'épisiotomie. Toutes les études concordent donc pour prôner, aujourd'hui, une pratique restreinte de l'épisiotomie.

Il n'y a aucune donnée factuelle à l'appui de la croyance qu'elle protège des déchirures du sphincter anal, des lésions du muscle pelvien, de l'incontinence urinaire de la parturiente, ni de l'hémorragie intercrânienne ou de l'asphyxie intrapartum chez le nouveau-né.

Les femmes qui subissent des épisiotomies perdent plus de sang pendant l'accouchement, et l'épisiotomie comporte un risque de mauvaise cicatrisation et d'augmentation de la douleur postpartum à court terme.
  • Les incontinences
L'épisiotomie ne réduit pas le risque d'incontinence urinaire (environ 3% des femmes souffrent encore d'incontinence urinaire 1 an après l'accouchement) et augmente le risque d'incontinence anale. La durée du travail, une gestion active du travail et l'épisiotomie sont les 3 principaux facteurs conduisant à une incontinence anale. 6% des femmes ayant subi une épisiotomie souffrent d'incontinence anale  après l'accouchement.
  • Dyspareunie
- 80 % des femmes ayant subi une épisiotomie ont une reprise de rapports douloureux 
- 41%  admettent que ces rapports sont toujours pénibles 3 mois après l'accouchement
- 22% 6 mois après l'accouchement.

Six mois après l'accouchement, 1/4 des primipares déclarent avoir des sensations sexuelles appauvries.


NB : lors d'une épisiotomie, on prend aussi le risque de sectionner des nerfs reliés au clitoris : d'où une moindre sensibilité sexuelle.


Pour finir, nous nous permettons de rappeler à nouveau que ce n’est pas au praticien de décider si ce périnée-ci doit être coupé ou pas. C’est la femme à laquelle ce périnée appartient qui décide. Les femmes en couche ne sont pas informées correctement des risques et des bénéfices de cet acte dont les conséquences sont très sous-estimées. Pire, l’acte est effectué en se cachant de la femme. C’est ainsi que obstétriciens et sages-femmes sont formés. Le principe fondamental du consentement éclairé semble particulièrement surréaliste dans le domaine de l’obstétrique.
Pratiquer une intervention chirurgicale, surtout dans un endroit aussi sensible et chargé de sens, sans le consentement de la personne, est une atteinte à l’intégrité physique et mentale. C’est de plus illégal depuis la loi de mars 2002 comme vous le savez (article L 1111-4 du code de santé publique).



Perso, j'ai subi une épisiotomie sans que la gynécologue obstétricienne ne me demande mon avis, et c'est une fois ma fille dans mes bras qu'elle m'a annoncé qu'elle m'en avait fait une. J'ai été surprise mais je n'ai rien dit, naive et ne connaissant pas la loi.... J'ai eu de fortes douleurs lors de rapports sexuels pendant quelques mois, puis de l'incontinence urinaire à moyenne échelle. Je sais maintenant que pour ma prochaine grossesse je serais plus informée et ne laisserais pas le corps médical décider pour moi, sauf cas de danger bien sûr!




Et vous, avez vous subi une épisiotomie? Avez vous eu des complications après votre accouchement?



Lauriane.










vendredi 30 novembre 2012

pourquoi je veux devenir doula ...


 Je suis tombée enceinte en 2009. J’étais heureuse d’apprendre la nouvelle et de l’annoncer autour de moi! Mais hélas je n’ai pas vécu une grossesse comme je pouvais me l’imaginer dans mes idéaux de petite fille…. Mon conjoint ne m’épaulait pas, ne se souciait pas de mon état ni de celui du bébé, il était beaucoup absent. Ma famille n’était pas sur Montpellier, je n’avais qu’une bonne amie pour m’écouter et avec laquelle je sortais. Je me sentais vivre enfermée dans ma solitude. Je ne sortais pas beaucoup seule, mis à part les jours de rendez vous chez mon gynéco et au labo pour un examen de routine ! Je ne suis pas allée aux séances de préparation à l’accouchement car je ne me sentais pas d’y aller seule sans le papa et de me retrouver triste dans une salle avec des couples épanouis. Ma grossesse s’est bien passée, je n’ai eu aucune soucis de santé. Seul le plan psychologique était « affecté ».
Sur la fin j’étais de plus en plus fatiguée, épuisée par ce corps et surtout par cette tristesse que je ressentais. J’en voulais à mon conjoint de ne pas s’être investi dans ma grossesse, de ne m’avoir accompagnée à aucun rendez-vous, de ne pas m’avoir aidé dans cette période qui devait être normalement radieuse et épanouie.  Le vendredi 21 mai 2010 je suis allée à mon dernier monitoring, mon bébé bougeait beaucoup. Je suis rentrée chez moi normalement. Mais le soir je me suis vue ressentir de grosses contractions et ce toute la nuit. Mon conjoint n’était pas là, j’étais paniquée. Premier réflexe, appeler ma mère. Elle a su me rassurer. Le lendemain rebelote, des contractions toutes les 5 minutes mais de plus en plus intenses. J’ai appelé la clinique dans laquelle je devais accoucher et leur ai expliqué mon état. On m’a dit de venir pour une visite de contrôle. Conclusion: perte du bouchon muqueux et dilatée qu’a 1, vous pouvez rentrer chez vous. J’ai donc pris mon mal en patience et attendu. La journée fut longue et épuisante. La nuit bien pire. Pliée en quatre dans mon lit j’avais beau me tourner dans tous les sens avec mon coussin d’allaitement mais rien me soulageait vraiment . Ce n’est que le lendemain soir, vers 20heures30 que les contractions se sont rapprochées, et ma mère a décidé d’appeler la clinique pour leur dire que j’allais venir. A peine arrivée au service Maternité voilà que je perds les eaux devant mon compagnon, ma mère et le personnel médical. Dilatée qu’à 2, je savais que j’allais rester à attendre un bon bout de temps ! La sage femme de garde me disait de marcher , de m’asseoir sur le ballon….. Mais je n’en pouvais plus. Ce n’est qu’à 6h30 du matin qu’on est venu me chercher pour rentrer en salle de travail. Enfin soulagée! Après avoir hésité, mon compagnon a décidé de  relayer ma mère et de venir assister à l’accouchement. Mon gynécologue, de garde cette nuit là, était sur le point de partir. J’ai donc compris qu’il ne m’accoucherait pas. J’ai été déçue qu’il ne m’accouche pas mais c’est une de ses collègues très gentille qui s’est occupée de moi. 
Pause de la péridurale, on demande au papa de sortir de la pièce. Je n’ai pas trop bien compris pourquoi à ce moment là. La sage femme me dit que c’est pour des raisons d’hygiène mais je ne cherche pas plus à comprendre. Allongée sur le côté, perfusée, j’attends que celle-ci fasse effet. Je ressens toujours les mêmes contractions, la même douleur intense. Je ne comprends pas. Mon conjoint s’aperçoit que la péridurale était mal posée, que du liquide me coulait sur le bas du dos et les jambes. En panique j’appuie sur le bouton pour les alerter. eux-mêmes en panique ils ne comprennent pas ce qui se passe. Dilatée a plus de 8 l’anesthésiste me demande si je me sens de continuer sans péridurale, mais exténuée et ne supportant plus la douleur je lui demande de m’en faire une seconde. Voilà la 2e péridurale posée. Il me faut attendre à nouveau qu’elle fasse effet. Mais bébé lui n’attend pas! Ses cheveux étaient déjà visibles. Je sens malgré tout que la péridurale m’a soulagé même si la précédente venait de m’anesthésier le haut des jambes. 
Après 6heures passées en salle de travail, 2 péridurales et une épisiotomie voilà l’ arrivée au monde de  ma merveille!  Une mise au sein directe a été faite pendant deux heures en tête à tête avec ma fille. Un pur moment rempli d’émotion certes mais je n’en pouvais plus, j’avais soif, j’avais faim, j’avais sommeil…. J’avais peur de m’endormir, mon nourrisson au sein. Je luttais de fatigue, seule sur mon lit en salle de travail. Je me suis soudainement sentie perdue dans cette grande pièce et ce ci petit bébé auprès de moi. J’aurais aimé avoir son père près de moi, ou une tierce personne pour m’épauler dans cette réalité nouvelle. Je suis restée une semaine complète à la maternité, ma fille ayant eu la jaunisse. Changer la 1ere couche, passer la 1ere nuit, gérer l’heure des tétées et les séances d’UV où on me réveillais en pleine nuit pour aller donner le sein a ma fille….. Pas facile pour une maman débutante! Son père ne venait pas m’aider, il passait souvent le soir tard faire un coucou et c’est tout. Je gérais seule les bains et les humeurs de ma fille. Pas toujours évident à gérer. J’étais exténuée et je me languissais de partir, de rentrer chez moi avec mon bébé. Je suis donc sortie de la maternité le dimanche 30 mai 2010, jour de la fête des mères! Quel beau cadeau ! Mais là encore panique! Je savais que j’allais devoir tout gérer à la maison, seule, sans aucune aide extérieure. Lessivée la 1ère semaine, ma mère est venue m’aider la semaine suivante et quelle aide! 
Aujourd’hui ma puce a 2 ans et demi et se porte à merveille! C’est une petite fille super dynamique en perpétuelle envie d’apprendre et de découvrir ce qui l’entoure. J’ai quitté son père et je suis partie de Montpellier. Je suis retournée six mois vivre chez ma mère avec ma fille le temps de. Et aujourd’hui je vis près de Bordeaux avec mon nouveau compagnon. On parle parfois d’avoir un enfant ensemble, et je lui dis que j’ai souffert du manque d’implication de mon ex et d’avoir vécu une grossesse passive et que je voudrais pour ma seconde grossesse être actrice et active. Ecouter mes envies et les partager avec ma sage femme ou mon gynécologue, faire appel à une doula pour m’épauler et  avoir une présence précieuse auprès de moi, penser à un projet de naissance, aller à la préparation à l’accouchement et poser des questions , choisir et écouter mon envie sur ce que je veux vraiment et vers quel style d’accouchement je veux me tourner….. Je me suis beaucoup informée et documentée sur la périnatalité depuis ma grossesse car je me suis aperçue que je ne connaissais pas grand-chose en réalité sur le sujet et que j’étais passée à côté de beaucoup de choses importantes pour un épanouissement total. Comme la sophrologie pour une meilleure estime et maitrise de soi, ou comme aller voir une consultante en lactation pour des conseils…. Il existe énormément de belles  professions malheureusement encore méconnues ! J’ai acheté le livre d’Adela Stockton  "les doulas"et je l’ai lu d’une traite, tellement il est intéressant et complet. C’est cela qui me pousse aujourd’hui à faire cette formation pour devenir moi-même doula, pour écouter, accompagner,  épauler, rassurer la femme enceinte dans cette période magique et unique qu’est la grossesse. 

tendrement, 
Lauriane -M.A.M.A.N 

dimanche 28 octobre 2012

le développement prénatal (2/2)

2. Apprentissage prénatal auditif 

Compte tenu de ces réactions foetales spontanées, les neurologues, les pédiatres et les psychologues se sont interrogés sur la possibilité d'un apprentissage prénatal lié à l'expérience sensorielle in utero, et à son effet éventuel sur certaines réponses comportementales pré et postnatales.

  • battements de coeur et apprentissage 
Les battements cardiaques de la mère sont un bon candidat pour étudier le rôle de l'apprentissage au cours de la période prénatale. Ainsi, vers la fin des années 1950, Salk s'est intéressé aux effets du rythme cardiaque sur l'humeur des nouveaux nés. Ce chercheur a réalisé une expérience inhabituelle. Il travaillait dans la maternité d'un hôpital ou la tradition voulait que les nouveaux nés soient séparés de leur mère pendant des intervalles de temps réguliers. Lors de cette séparation, ces enfants furent soumis à des simulations de battements cardiaques. Un premier groupe reçut des sons émis par un métronome à la fréquence de 72 par minute; ce qui correspond à la fréquence réelle des battements cardiaques. Un deuxième groupe reçut des battements de métronome avec une fréquence de 120 par minute. Enfin, un troisième groupe (groupe contrôle) ne reçut aucune stimulation. Salk a observé l'effet de ces stimulations sur le comportement des nouveaux nés. Les enfants du groupe exposé à des mouvements cardiaques accélérés se sont montrés d'emblée très agités et l'expérience a été arrêté  Après 4 jours, les enfants stimulés  avec une fréquence normale de battements ont pris plus de poids et ont été plus tranquilles que les enfants non stimulés. Salk a mis en relation le rôle apaisant des battements cardiaques de la mère et la posture qui est communément observée lorsque la mère tient l'enfant dans ses bras.   Dans 80% des cas les mères portent leur enfant sur le côté gauche (Salk 1973, Vauclair 2003a). 
Les battements du coeur ont donc un incontestable effet calmant pour les très jeunes enfants. Ce phénomène a été vérifié à l'aide d'une expérience avec des nouveaux nés de moins de 3 jours. DeCasper et Sigafoos (1983)  ont montré que l'expérience  auditive intra-utérine des battements cardiaques de la mère a un effet sur le comportement postnatal en renforçant la fréquence des succions du nouveau né. Cette expérience n'a pas déterminé  si c'est la familiarité avec le bruit du coeur, ou le caractère  rythmique de cette sonorité qui jour le rôle de renforcement. 
Ces recherches suggèrent donc que les stimulations auditives au cours de la vie foetale ont des effets après la naissance.

  • reconnaissance prénatale de la voix de la mère
Comme l'ont montré DeCasper et Fifer (1980), les nouveaux nés préfèrent entendre la voix de la mère plutôt que celle d'une voix féminine non familière. Plusieurs études ont démontré la préférence des nouveaux nés âgés d'au moins 4 jours pour leur langue maternelle par rapport à une langue étrangère (Mehler, 1988). Cette préférence est vraisemblablement fondée sur une reconnaissance des aspects prosodiques, comme le rythme ou l'intonation, de la langue. On  ne peut toutefois exclure qu'une expérience  prénatale, même limitée, n'a pas joué un rôle dans ces compétences discriminatives des nouveaux nés.
Une seule étude a testé directement le rôle de l’apprentissage prénatal de la voix de la mère sur le comportement ultérieur des nouveaux nés. 
DeCasper et Spence (1986) ont demandé à des futures mères de lire à haute voix une berceuse célébre aux Etats Unis, the cat in the hat ("le chat dans le chapeau") au cours des 12 dernières semaines de grossesse, à raison de deux séances de lecture journalière. Au moment de la naissance les enfants ont ainsi entendu cette histoire pour une durée totale de 3 heures et demie. Deux ou trois jours après la naissance, les auteurs ont utilisé une technique de conditionnement  des mouvements de succion. Dans un premier temps, les mouvements  de succion sont mesurés à l'aide d'une tétine expérimentale, pendant deux minutes, afin de repérer leur fréquence spontanée. Ensuite, un casque placé sur la tête du nouveau né. Si l'enfant suce avec un taux supérieur au taux de base, l'expérimentateur diffuse la berceuse entendue au cours de la vie intra-utérine.  S'il suce avec un taux inférieur, il entend une histoire nouvelle, en l’occurrence une berceuse de même durée dans laquelle "cat" et "hat" sont remplacés par "dog" (chien) et "fog" (brouillard). L'histoire nouvelle est donc différente quant aux sonorités principales et à la prosodie ( renvoie à plusieurs aspects de la parole: intonation, ton, rythme, pause et débit).
Tous les nouveaux nés ont augmenté leur rythme de succion afin d'entendre la berceuse connue plutôt   que  l' histoire nouvelle. La préférence pour l'histoire connue persiste même si les deux histoires sont lues, lors du test, par une voix de femme inconnue. 
Les chercheurs ont conclu que les nouveaux nés ont bien entendu et appris l'histoire lue par la mère au cours de la période intra-utérine. Cet apprentissage influence les nouveaux nés dans leur préférence sonore, juste après la naissance.
L'évidence qu'une forme d'apprentissage puisse se produire au cours de la vie intra-utérine est bien entendu intrigante  Toutefois, le fait qu'un nouveau né réponde à des sonorités familières par rapport à des sonorités nouvelles, n'implique pas que cet apprentissage prénatal aura un impact significatif sur son développement ultérieur, par exemple celui du langage.

3. influence des comportements de la mère sur le foetus 

La consommation d'alcool et de tabac par la mère au cours de la grossesse a des effets parfois dramatiques sur le développement de l'enfant. L'importance de ces effets dépend de l'avancement de la grossesse. Les risques, en début de grossesse provoquent essentiellement des anomalies physiques, alors qu'en fin de grossesse, ce sont plutôt des troubles de comportement qui sont à craindre. 
Ces agents qui peuvent affecter le développement normal prénatal et engendrer des problèmes structuraux, comme des malformations physiques ou fonctionnels, comme des troubles du comportement, sont appelés agents tératogènes (agent extérieur qui augmente les risques d'anomalies ou de perturbations au cours du développement prénatal). 

  • les effets de l'alcool
L'alcool traverse facilement la barrière placentaire, passant ainsi de la mère à l'enfant. Une consommation excessive d'alcool pendant la grossesse génère plusieurs types de risques pour le développement de l'enfant: 
- accouchement prématuré
-poids de naissance + faible (de 80 à 160g en moyenne)
- anomalies associées au SAF (syndrome d'alcoolisme foetal = effet d'une consommation excessive d'alcool au cours de la grossesse par la mère)

Les relevés statistiques indiquent que le SAF attenit 1.95 enfants sur 1000 aux Etats Unis, et 1.3 sur 1000 en France. Le SAF est à l'origine d'un tiers des naissances prématurées. On lui associe (Abel, 1987):
- des malformations crânio-faciales
- un retard global de croissance (taille, poids)
- des malformations d'organes
- des anomalies du système nerveux pouvant conduire à un retard mental.

Il faut noter que même une consommation modérée d'alcool (1-2 verres / jour) peut engendrer des troubles du comportement sans malformation, comme des déficits attentionnels ou un retard mental. 

  •  les effets du tabac
La consommation de tabac par la mère a un effet direct sur le comportement des enfants (avortement, enfant mort né, prématurité, problèmes respiratoires, anomalie du fonctionnement cardiaque), malgré la prévention et les mises en garde des mères pendant la grossesse. Les effets nocifs du tabac sont dus au fait que la nicotine entraine une constriction des vaisseaux sanguins, qui diminue l'irrigation sanguine du placenta. Une des conséquences les plus visibles concerne l'effet sur le poids du nouveau né. (Haste et al, 1991). 

consommation de tabac par la mère et poids de l'enfant à la naissance

Par ailleurs, la consommation de tabac par la mère au cours de la grossesse augmente de 2 à 3 fois les risques du symdrome de la mort subite du nourrisson (Golding, 1997). La nicotine, transmise par le sang de la mère fumeuse au foetus, conduirait à une activation continue du récepteur nicotique du foetus pendant la grossesse. Une telle activation aurait pour effet de diminuer l'efficacité des réflexes respiratoires et d'éveil en réponse aux apnées du sommeil, et donc un risque augmenté de mort subite du nourrisson. En France, 39 cas de mort subite du nourrisson ont été recensés en 2001.
De plus, i lest fort possible que la simple exposition de la mère à un environnement de fumeurs puisse affecter le développement du foetus, en agissant notamment sur son poids (Windham et al, 1999). 


conclusion 

Le développement moteur et perceptif commence dès le stade prénatal, qui s'étend entre la 9e semaine après la conception et la naissance. Les repères temporels caractérisant cette période sont identifiés pour ce qui concerne le développement physique  et l'apparition des mouvements spontanés du foetus. 
Ces changements morphologiques et ces réactions comportementales sont accompagnées de transformations des structures cérébrales ( complexification du cerveau, myélinisation et synaptogenèse). Parallèlement , les systèmes sensoriels se développent selon un ordre allant de sens de l'équilibre à l'olfaction et la gustation, puis de l'audition à la vision. L'audition est fonctionnelle plusieurs semaines avant la naissance.  L'étude des réactions des nouveaux nés à des stimulations auditives a permis de révéler l'existence d'un apprentissage prénatal. Ce dernier a notamment été mis en évidence par des recherches concernant la sensibilité du foetus à la voix de la mère. Ainsi, une comptine, lue régulièrement par la mère au cours des dernières semaines précédent la naissance, est reconnue par le nouveau né. 
L'alcool et le tabac ont des effets négatifs et néfastes pour le développement physique et psychologique de l'enfant. Ces substances sont donc fortement déconseillées voire interdites pendant les 9 mois de la grossesse.


source: développement du jeune enfant; motricité, perception, cognition. Jacques Vauclair

Jacques Vauclair 

Professeur en psychologie du développement  (que j'ai eu la chance d'avoir lors de ma 1ère année de licence 1 de psychologie)  à l’Université de Provence (Aix-Marseille) et à l'institut Universitaire de France. Il y enseigne notamment le développement moteur et perceptif du jeune enfant et les méthodes d’accès et de diffusion des informations scientifiques.
Il est également Directeur de l'École Doctorale «Cognition, Langage, Éducation» et du Centre de Recherche en Psychologie de la Connaissance du Langage et de l’Émotion (Centre PsyCLÉ). Ses recherches concernent la psychologie comparée de la cognition et de la communication.


bien à vous.